Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 23:17

C’est vrai ça, le temps passe vite : hier encore nous avions treize ans, nous pensions pouvoir devenir interprètes, nous avions confiance en l’avenir. Le Just Dance de Lady Gaga date déjà de 2008, et on croise dans la rue des enfants nés au vingt-et-unième siècle.

 

Damned, comme dirait l’autre. Pour moi, 2001, c’était il y a si peu de temps. Et comme les choses changent vite ! Les idoles meurent, les coupes de cheveux des stars effraient, et surtout, surtout, les modes passent.

 

Le premier domaine frappé de cette épidémie de l’éphémère, c’est probablement… la mode ! Oui, qui porte bien son nom, on s’en doute. Enfin c’est un peu effrayant tout de même : selon un magazine féminin, acquis dans le seul et unique but, bien sûr, d’en faire un objet d’étude terminologique portant sur l’apparition de néologismes dans la presse écrite, la veste militaire est sur le point de passer à la trappe. Elle reviendra bien sûr dans un ou deux ans : les mayas le savaient, le temps est cyclique, le cycle est la saison.

 

Dans l’industrie du cinéma, dix ans suffisent pour transformer un navet en classique, un bon filme culte, et un film d’art et d’essai en symbole d’une décennie décadente. Oui, et mon postérieur, c’est du poulet. A raison de plusieurs nouvelles sorties tous les mercredis, le monde du cinéma est réglé comme du papier à musique sur un rythme hebdomadaire, un ou deux « blockbusters » venant ça et là dynamiter les ventes et les critiques. Un rythme parallèle se greffe au premier : celui de la croissance des ados. A présent, les films suivent leur public : après « Harry Potter », « Twilight ». Et quand cette fournée d’ados aura grandi, une nouvelle saga viendra sûrement cueillir les suivants à la récréation (enfin, au collège et au lycée, on disait « la pause », parce que ça faisait grand).

 

Le monde littéraire, lui, vit au rythme des prix, qu’on distribue (avec parcimonie) aux écrivains qui ont bien travaillé. On parle aussi de la « rentrée littéraire », preuve s’il en est que nos auteurs préférés sont restés de grands enfants, et que les critiques attendent, comme le vieux pion du collège, que les cours recommencent pour filer des heures de colle aux ouvrages désobéissant. Le sacro-saint monde des livres fonctionne vraiment comme l’école, ma parole ! Gare à la faute !

 

Les transports en commun, tout comme l’éducation nationale, suit le rythme des grèves et des réformes. Les élèves visent les vacances, les traducteurs comptent les mots, les banques attendent la reprise. Et le temps passe (passe, passe et beaucoup de choses ont changé), sans que nous puissions y faire quoi que ce soit.

 

Fort heureusement pour nous, et pour nos crèmes antirides que nous commençons à étaler sur nos peaux livides avant même la vingtaine, certaines choses ne changent pas : le Nesquick et le Nutella, par exemple, ont été nos copains de goûters pendant des années. Ils sont toujours là, et peu importe notre âge, on a le droit d’y céder. Le jean est également une valeur sûre : des cow-boys aux parisiennes, il n’est pas près de disparaître, ce dinosaure. Mozart a toujours la cotte, « Le père Noël est une ordure » fera les réveillons de vos enfants et de vos petits enfants, et tant qu’il y aura des choses à changer, il y aura des contestataires pour empêcher qu’elles changent. 

Par Constance - Publié dans : Ah bon? - Communauté : partage
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