Maudite mode: critique de forme et de fond (de teint)

Publié le par Constance

Commençons par un sujet léger : la mode. 

Et la mode,
  c’est très paradoxal : d’un côté on vous raconte que la mode, c’est très subjectif, c’est ce que chacun(e) porte, à sa manière, qui définit un style. Que les avant-gardistes et les originaux sortent du lot, et qu’il faut « oser ».  Mais en même temps, tous les magazines féminins ayant trait à ce monde si particulier font la même liste, assez exhaustive, de ce qu’il faut porter, ce qu’il ne faut pas porter, ce qui a du succès et ce qui est complètement « out », sans laisser beaucoup de place à l’individu.

 

Et d’où leur vient-il que « le roux, c’est le nouveau blond » ? Dans l’idée, je n’ai rien contre,  je suis une fausse rousse, je trouve que c’est une très belle couleur de cheveux. Mais depuis quand une couleur de cheveux doit elle être « tendance » ?  L’industrie de la presse va si mal que les  colorations capillaires sont les nouveaux sponsors des numéros de la fin de l’année 2009 ? Remarquez, ça explique pourquoi je n’ai pas réussi à retrouver la bonne nuance lorsque j’ai voulu refaire ma couleur : toutes les ex-blondes veulent devenir rousses, parce que le blond, c’est « tellement 2008 ».

 

Futile, certes, mais notable. Tout aussi notable que les tournures de phrases du paragraphe précédent. Hé oui, la presse « mode », ou « presse féminine » la plupart du temps, a un jargon bien à elle, pleine d’anglicismes et d’assertions autoritaires. Une it-girl qui porte un it-bag, un look preppy sur le red-carpet, ambiance catwalk... Puis encore, « le bleu, c’est le nouveau noir » (mais l’année dernière, le nouveau noir, c’était le gris, alors est-ce que le bleu c’est le nouveau gris ?). Alors bon, l’anglais c’est chic, c’est choc, ça en devient presque institutionnel, et pour finir ça frise le ridicule.

 

Puis quitte à critiquer, autant critiquer les tendances aussi, le contenu autant que le contenant. Il y a deux choses que je ne comprends vraiment pas. Deux choses qui m’échappent complètement, et qui sont encensées par ces magazines : les épaulettes, et les cuissardes. Les épaulettes, d’abord : Lady Gaga et Rihanna sont l’expression dans le monde du spectacle de cette idée farfelue, venue des années 1980, que s’habiller comme Monsieur Spok, c’est le summum de la classe. Je n’ai rien personnellement contre les deux chanteuses, mais voilà, si je les croise, j’ai peur, parce que des excroissances au niveau des épaules, surtout pour une femme, ça n’a rien de très naturel.  C’est vrai, ça fait hommasse, même sur des femmes fines et élégantes. Bon, ça c’est fait. Les cuissardes, maintenant : voilà des bottes, ou des collants, ou un peu des deux, qui font vulgaires si on les portes avec quelque chose de court, mais qui n’ont plus l’air de rien si on les porte avec quelque chose de plus long. Il faut être deux pour les mettre et pour les retirer, à moins d’être contorsionniste.

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Bon, je critique, je critique, mais je les aime bien, ces magazines.

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Publié dans Non mais vraiment!

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