Toi mon amour mon ennui !
L’ennui. Point. C’est tout, rien d’autre.
A l’origine même de la création de ce blog, l’ennui est aussi pénible qu’il est convoité. À force de râler à grands coups de « je m’emmerde » dans le canapé, devant des niaiseries à la télévision, comme d’habitude, on en oublierait presque que quelques heures plus tôt, à la fac ou au travail, on aurait à peu près tout donné pour être dans le canapé en question.
Malgré tout, on ne peut s’empêcher de souffrir de cette maladie de riches occidentaux. On se sent désoeuvré, surtout quand on pense à toutes les grandes et belles choses que l’on pourrait faire de nos vies pendant le temps que l’on essaye de tuer. On se dit qu’on perd un temps précieux et qu’on est inutiles. On a parfois la motivation de se lever, mais tout de suite, l’image effrayante et sournoise de la vaisselle qui attend patiemment dans la cuisine, ou de la chambre que l’on est censé ranger, du mémoire qui ne se fera pas tout seul malgré toutes les prières que l’on peut adresser au grand dieu des mémoires de Master, nous rabat avec une force colossale sur l’oreiller raplapla qui sert de présentoir à nos séants depuis des heures déjà.
On se lasse vite de tous les jeux auxquels on essaye de jouer sur Internet, on se lasse d’Internet en question, oui mais voilà, c’est dur de s’en détacher, et on n’a pas beaucoup de volonté. Alors on s’emmerde aussi virtuellement. Elle est belle la société du loisir. Mais on aurait tort de s’en plaindre. Sans vouloir faire dans les grands sentiments mélodramatiques, il y a des gens qui travaillent dix-huit heures par jour et qui ne savent même pas ce que ça veut dire, de s’ennuyer.
Ce qui est triste, c’est notre apathie, notre manque total d’énergie. C’est vrai, on pourrait faire tellement de choses, au lieu de se trouver incroyablement supérieurs aux petites blondasses des émissions de télé-réalité. Parce que bon, si il y avait une caméra au dessus du canapé, et si c’était retransmis en direct sur une chaine publique, ça n’intéresserait pas grand monde. C’est chouette de donner des leçons, mais est ce qu’on vaut mieux ?
Sur ce, je retourne « updater » Facebook pour voir si quelqu’un m’a écrit, parce que… je m’emmerde.